• Avoue que tu m'aimes (Extrait)

    Et voici mon second roman, Avoue que tu m'aimes !! Enfin !!

    Attention ! Ce livre contient des scènes homosexuelles (mais rien de sexuel !)

     

    Avoue que tu m'aimes (Extrait)

     

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    [Extrait]

     Prologue

    - Numéro 251 ? questionna une voix, cassant la quiétude de l’endroit.
    Un bruit dérangeant vrombissait constamment, comme si un tuyau empli de volts passait hors d’une gaine protectrice.
    Lentement, des yeux s’ouvrirent et fouillèrent le local à la recherche de la plus infime trace de lumière.
    Il n’y en avait aucune.
    Même en provenance de ce son désagréable. Il aurait pourtant juré qu’il serait accompagné d’un miroitement.
    Mais rien.
    Finalement, un rectangle apparut dans le noir, libérant un éclat trop vif. Une silhouette se détacha. Ça devait être un homme. Il ajusta ses lunettes sur son nez puis s’avança vers la petite forme installée dans un fauteuil.
    - Numéro 251… bien le bonjour.
    - Je suis pas…
    - Silence ! Je parle ! Numéro 251…


    Il sursauta, sortant de son sommeil de la façon la plus désagréable qu’il soit. Il se passa les mains sur le visage puis tourna la tête vers le calendrier. Il eut un ricanement défaitiste en voyant que Noël approchait…

     

    Chapitre 1

    - Non, non je ne veux pas ! protesta un adolescent.
    L’homme continuait de pousser dans son dos en rigolant.
    - Tu as dit que tu voulais le faire, non ? Et tu te débineras si je te pousse pas ! rit-il.
    Il lui mit un coup de poing bourru dans l’épaule puis le bouscula vers une boutique dans l’artère principale. Dans la vitrine, de nombreux mannequins affichaient des piercings en tous genres et à de multiples endroits. Une figure plus importante, dans le coin de la devanture, en arborait dans le dos, entre les seins et dans le nombril.
    Par cette immense baie vitrée, il était aisé d’apercevoir une grande blonde, les cheveux attachés en queue haute.
    - Allez Sitael ! intima l’homme.
    - Je vais le faire ! Je vais le faire !
    - C’est ça ! rit encore son ami.
    - Marshall, broncha-t-il.
    L’aîné n’en eut que faire de ces suppliques étouffées et l’obligea à entrer à l’intérieur puis le conduisit vers la femme. Si Sitael détonnait dans cette boutique, Marshall y était à sa place avec ses bras tatoués à l’excès et ses piercings installés à chaque endroit qui pouvait en être paré. Il confirmait les clichés grâce à ses courts cheveux bruns, si gras qu’ils en paraissaient foncés, et sa barbe de cinq jours.
    L’employée redressa le visage vers eux, souriant de toutes ses dents.
    - Qu’est-ce que je peux faire pour vous ? s’enquit-elle.
    - C’est pour lui, sourit Marshall.
    Sitael rougit, ce qui dénaturait étrangement sa peau bien trop pâle, et baissa ses yeux d’un bleu livide.
    - Oui ? souffla la femme.
    - Je veux… je… Pitié Marsh’… dis-lui.
    Tremblant de tout son être, le cadet levait un regard de chien battu à l’adresse de son meilleur ami. Celui-ci lui frappa l’épaule, un large rictus étirant sa bouche tuméfiée.
    - Il veut un piercing. Là.
    Il pressa son doigt juste sous la lèvre de son camarade, à gauche. Celles de la femme s’étendirent, elle était toujours ravie de faire une vente. Elle s’éclipsa quelques secondes pour revenir avec un papier.
    - Installe-toi, lis ceci et signe si tu es d’accord .
    Sitael opina à peine. Son ami le dirigea vers une chaise où il l’aida à prendre place tant ses jambes flageolaient. Il resta même à son côté jusqu’à ce qu’il ait apposé sa signature au bas du document.
    - C’est qu’une petite aiguille, y a pas à s’inquiéter ! réconforta-t-il.
    L’employée revint vers eux, munie de gants. Elle affichait un sourire chaleureux.
    - Tu es sûr ?
    - O… Oui… répondit Sitael.
    La femme l’entraîna vers le siège confortable sans se dépeindre de la bienveillance qui l’entourait. Elle le prépara rapidement mais avec professionnalisme alors que Marshall venait les rejoindre. Il offrit un sourire confiant à son ami.
    - Je peux encore m’arrêter, dit-elle.
    Elle tenait un bout de tissu imbibé de désinfectant, une aiguille pour percer et un labret en métal.
    - Non… ça… Ça va…
    - J’y vais, informa-t-elle.
    Sitael ferma les yeux, ne voulant pas voir cette aiguille. La piqûre serait déjà suffisamment traumatisante pour lui. Il perçut une main d’homme sur son épaule et supposa que son meilleur ami le soutenait. Il s’en sentit revigoré et attendit l’impitoyable douleur.
    - C’est fini, lui parvint finalement la voix féminine.
    Son client rouvrit les yeux, tremblant. Il marmonna un merci étouffé et se redressa. L’adulte l’aida à se lever du siège et le déplaça vers le miroir accroché sur le mur d’en face. Sitael ne put réprimer un léger sourire : ce piercing argenté se mariait autant avec sa peau qu’avec ses cheveux noirs qui chatouillaient ses épaules.
    Il paya la femme et la remercia une nouvelle fois avant de sortir. Il leva le regard vers le clocher d’une église et s’étonna de n’avoir subi que trente minutes d’enfer. Il tourna la tête vers Marshall qui lui frappa le dos en désignant une ombre au loin.
      -La voilà, annonça-t-il.
    Dans ce froid mordant, Sitael souffla dans ses mains pour les réchauffer.
    Une silhouette fantasmagorique apparut devant eux en courant, ses longues boucles châtain virevoltant autour de ses membres qui voyaient si souvent le Soleil. Craignant qu’elle ne s’effondre, l’adolescent s’empressa de combler la distance entre eux. Il l’attrapa par la taille, sur le bord du trottoir, avant qu’elle ne vacille sur le verglas.
    - Shaniya, on allait venir te rejoindre, souffla-t-il, inquiet.
    - Qu’est-ce que c’est que ça Sitael ? sourit-elle en effleurant le bijou sous sa lèvre.
    - C’est mon cadeau de Noël… pour toi. Il te plaît ?
    - C’est adorable de ta part, chuchota-t-elle, extatique.
    Elle passa à nouveau ses doigts sur le labret, des étoiles pétillant dans ses yeux gris clair. Elle se pencha un peu vers lui, mouvement tacite pour qu’ils échangent un baiser. Chose qu’il lui accorda en la resserrant tendrement.
    - Merci, souffla-t-elle.
    - C’était r…
    - Non. Merci ! insista Shaniya. Je sais que tu as peur des aiguilles !
    Sitael la serra dans ses bras et embrassa son cou d’une façon des plus chastes. Marshall arriva enfin, les mains dans les poches. Il rigola grassement tout en tapant l’épaule de son ami.
    - Hello sœurette !
    - Salut ! Comment ça a été ? Tu aurais pu me dire que c’était ça, sermonna-t-elle.
    - Tu étais censée rester à la maison, rappela Marshall en prenant une cigarette dans sa poche.
    Il l’alluma, aspira de l’air nocif et cracha directement la fumée. Sitael attrapa sa petite amie et l’attira vers lui pour éviter qu’elle ne soit la cible des fumerolles pestilentielles. Leur aîné libéra encore un rire gras et tira une autre bouffée.
    - T’en veux une ?
    - Non, merci. Si je sens la clope quand je rentre à la maison… commença Sitael, le ton lourd.
    - On va se boire une bière ? insista-t-il.
    - Non, si je rentre chez moi en sentant l’alcool… amorça son ami.
    L’homme grommela quelques insultes.
    - Laisse Marsh’. Je te ramène chez toi ‘Tael ? questionna Shaniya.
    - Je veux bien.
    Sitael sourit, resserrant sa compagne contre lui.
    - Je te rejoins après, informa-t-elle à son frère.
    - Y a intérêt… J’espère bien manger, ce soir.
    Elle opina du menton, prit la main de son partenaire et tous deux partirent vers la demeure de son amant. Ils marchaient sans bruit, de ce silence qui était juste confortable, qui faisait ressentir au centuple les sentiments échangés. Ils se souriaient de temps en temps, main dans la main.
    Ils mirent un moment avant d’arriver devant une porte noire richement décorée de guirlandes multicolores. Une belle couronne de Noël trônait au centre de l’huis.
    - Tu…
    Sitael se tourna vers Shaniya et lui sourit. Il effleura sa joue, plongeant ses yeux dans les siens. Elle s’obligea à chasser la tristesse de son visage.
    - Tu veux venir écouter des CDs chez moi ? Demain ? questionna-t-elle.
    - Ça me ferait vraiment plaisir, chérie, mais demain je vais travailler jusqu’au soir.
    - Oh…
    Il ne résista pas plus de quelques secondes à ce regard tendre et larmoyant.
    - Mais… tu n’as qu’à passer demain, on pourra se voir un peu… lui promit-il.
    - Oui ? sourit la jeune femme.
    - Ouais. Passe demain vers dix-huit heures, tu n’auras qu’à venir manger avec ma famille.
    - Ta famille me déteste, soupira Shaniya.
    Elle frôla le piercing du bout des doigts, le sourire revenant alors. Elle se blottit dans ses bras, profitant de son odeur douce de poire et de sa présence tant qu’elle le pouvait. Elle s’obligea ensuite à s’éloigner de deux misérables pas qui formaient un gouffre immense à ses yeux.
    Elle sourit et fit un signe de main léger. Sitael lui en octroya un en retour jusqu’à ce que sa silhouette ne soit plus qu’une forme floue. Il rentra alors dans le hall.
    À l’instar de la façade, la maison était gorgée d’ornements de Noël. Mais aucun n’était aussi majestueux et fantastique que le sapin qui surplombait une montagne de cadeaux. Sitael retint un rictus moqueur, dire qu’ils étaient à une dizaine de jours de cette fête commerciale.
    La décoration se fondait avec de nombreuses effigies de saints ou de Jésus ainsi que de multiples croix. Et, bien sûr, une magnifique crèche en bois, avec des figurines de porcelaine, trônait sur une commode à hauteur de regard.
    Sitael rentra dans la salle à manger, pièce qui était installée dans la cuisine. Au milieu des plans de travail, des armoires remplies de victuailles et de vaisselle se dressait une imposante table en chêne, pouvant admettre une dizaine de personnes. Elle était d’ailleurs accompagnée de douze chaises.
    - Je suis là, maman… annonça le jeune homme sans grand entrain.
    Une femme, lestée d’un certain embonpoint, se détourna de sa cuisinière pour se tourner vers lui. Ses yeux bleu océan s’horrifièrent dès qu’ils furent posés sur son enfant.
    - Qu’est-ce que tu t’es fait ! s’écria la mère.
    Elle lâcha les champignons qu’elle préparait pour sa tartufata .
    Sitael toucha son labret et se sentit bête. Il s’était cru ingénieux en refusant cigarette et alcool pour que sa mère, véritable grenouille de bénitier, n’ait rien à lui reprocher sur seule base de l’odeur. Pourtant, il avait omis ce qui ornait sa bouche. Une chose presque impossible à cacher.
    - C’est… C’est un piercing maman.
    - Un piercing ? répéta la femme.
    Elle le dévisageait comme s’il lui parlait dans une langue venue d’une autre planète.
    - C’est… comme les boucles d’oreilles de Natalia. Mais… ailleurs…
    Sa mère le regarda, l’air effaré.
    - Un piercing ? ressassa-t-elle. Oh ! C’est une idée de cette fille !
    - Maman, laisse Shaniya en dehors de ça… murmura Sitael.
    - Non ! Non ! Déjà que tu ne veux plus aller à l’Église depuis que tu la connais ! C’est une envoyée du Malin pour te détourner du bien !
    - Maman, elle est chrétienne ! protesta-t-il.
    - C’est ce qu’elle te dit ! siffla la femme.
    – J’ai arrêté de croire avant qu’on se mette en coup… essaya-t-il.
    Sa mère agita sa cuillère en bois sous son nez, projetant de l’huile d’olive partout dans la cuisine. Sitael serra les dents et se détourna, filant vers les escaliers.
    - Tu devrais arrêter de la fréquenter, cria-t-elle.
    - Je refuse ! répliqua-t-il en montant les marches.
    - Je suis sûre qu’elle est déjà impure, tonitrua-t-elle.
    Le jeune homme s’enferma dans sa chambre, faisant claquer la porte avec violence. Façon brusque et illusoire de cesser cette conversation à sens unique.

    -----


    Sitael, installé derrière une caisse de supermarché, revêtait un ensemble blanc rayé de rose. Il passait les articles d’une trentenaire sûre d’elle qui hurlait des ordres à son téléphone.
    Le jeune homme releva la tête pour aviser la cliente. Elle était tellement investie dans ses braillements intempestifs qu’elle ne voyait pas le prix déjà affiché sur le moniteur.
    - Madame… Madame… excuse-moi…
    Elle lui décocha un regard noir et inséra sa carte dans la machine. Elle tapa son code et poussa un cri en entendant un petit bruit strident. « REJETÉ » annonça froidement l’écran d’affichage.
    - Tu as encodé trop vite… expliqua Sitael, un brin embêté. Tu peux retirer ta carte, s’il te plaît ? questionna-t-il.
    Elle lâcha un grognement guttural et retira sa carte, énervée. Elle attendit un moment, tapotant ses ongles horriblement longs sur le métal à côté de l’appareil, lançant des regards glacés à l’employé.
    - Oui, deux minutes… un caissier empoté ! s’agaça-t-elle au téléphone.
    Sitael ne réagit pas, habitué aux clients pressés, désagréables et impolis.
    Dire qu’il avait accepté ce travail, un an auparavant, pour pallier à l’argent de poche dont sa mère l’avait privé. Quelquefois, il regrettait. Après tout, cet argent durement gagné finançait ses beuveries et s’il n’avait plus les moyens, il se sèvrerait plus facilement…
    Toutefois, ce poste à mi-chemin entre l’école et la maison était tout de même l’opportunité d’étoffer son Curriculum Vitae quand l’avenir le lui demanderait.
    - Voilà… tu peux mettre ta carte, sourit-il.
    - Ce n’est pas trop tôt !
    Elle l’inséra, encoda les quatre numéros, attendit que l’appareil débite le solde et récupéra enfin sa carte. Elle arracha la souche des mains du caissier et se saisit de ses sacs.
    - Merci pour tes achats et bonne journée, lui sourit Sitael alors qu’elle partait dans un claquement de talon infernal.
    Ce rictus faussement joyeux aux lèvres, il se tourna vers le client suivant.

    ---

    Il s’occupa de l’achalandage durant une demi-heure sans avoir un seul autre écart. C’était toujours un plaisir d’avoir affaire à des personnes agréables et conciliantes, voire polies.
    Il sortit de son train-train presque mécanique lorsqu’un adolescent de seize ou dix-sept ans posa ses commissions. Grand individu à la peau dorée, ses cheveux châtain se confondaient avec des mèches blondes ou brunes tandis qu’une barbe naissante couvrait son visage.
    Le plus surprenant était son œil, d’un doux vert, enflé et marqué d’un panel de couleurs brunâtres, noirâtres et violacées. Une longue cicatrice frappait son arcade sourcilière alors qu’une balafre dénaturait sa joue droite. Son bras était passé dans une écharpe, un plâtre lui immobilisait le poignet et des écorchures marbraient sa main et ses doigts.
    - Felice ! Tu… tu te sens bien ?
    - Moui… Je reviens en cours après les fêtes de Noël, informa-t-il.
    - C’est fantastique, sourit Sitael. J’ai pris des notes pour toi.
    - C’est gentil.
    - Je suis vraiment désolé pour ce qui t’est arrivé… Je…
    Le caissier baissa le regard sur le tapis roulant où plusieurs flacons de désinfectant ainsi que des pansements et bandages s’y multipliaient. Sans compter les paquets de coton.
    - Tu devrais aller dans une pharmacie, ils ont de meilleurs produits, prévint-il.
    - Je sais… Et ce n’est pas ta faute…
    - Bien sûr que si !
    - Je te dis que non. Tu peux te dépêcher s’il te plaît ? J’aimerais éviter de voir Marshall…
    Sitael baissa la tête et passa les articles avec attention, sans plus un mot. Lorsqu’il eut fini, il redressa le visage vers le dénommé Felice.
    - 48,63 €, s’il te plaît.
    L’adolescent lui tendit un billet de cinquante euros.
    - Garde la monnaie.
    - Merci.
    Felice prit les sacs de sa main valide et commença à sortir du magasin.
    - Tu as besoin d’aide ? s’alarma son camarade de classe.
    - Non, t’inquiètes pas !
    – Au revoir… souffla-t-il lentement.
    Il s’occupa alors du nouveau client, conservant un désagréable sentiment de malaise qui perdura jusqu’à la fin de son service.


  • Commentaires

    1
    Samedi 27 Février 2016 à 19:23

    J'ai lu ce livre, il est excellent, on avance petit à petit dans l'univers de Sitael, pour découvrir le secret qu'il garde tout au fond de lui-même depuis qu'il a 11 ans.

    Très bien écrit, on vibre avec les personnages au fil des pages

    Un livre à lire et garder

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