• La Chimère : Chapitre 9

    Chapitre 9 : Offrez-moi de l’aide.

     

                Jean-Marc hâtait le pas. La nuit commençait à tomber, il voulait réussir à faire ce qui était préférable avant que le voile de l’obscurité ne s’étende sur la ville. Il y avait tant de chose à encore faire. Récupérer de l’argent pour avoir toujours la même somme sur lui puis trouver ce qu’il cherchait.

                Il n’arrivait toujours pas à croire que cette femme lui avait volé tant d’argent. Et tout ça à cause du parasite qu’était Sullyvanne. Il regrettait le jour où il avait voulu écrire un livre. S’il avait su qu’il devrait supporter un personnage comme elle, il aurait refusé de commencer ce projet.

                Elle était bien trop agaçante. Le pire étant encore qu’elle ne supportait pas qu’il l’estime de la sorte. Maintenant qu’elle avait une main, ou peut-être même deux vu la vitesse avec laquelle elle en usait, elle le frappait à la moindre pensée qui lui déplaisait. Il n’aimait vraiment pas ça. La sensation était désagréable et, en plus, il ne pouvait même pas soulager la douleur sans paraître suspect.

                Jean-Marc s’arrêta à quelques pas de l’école. Il soupira en regardant l’édifice. Selon ses élèves, cet endroit devenait glauque à la tombée de la nuit. Pourtant, ça restait une bâtisse pareille. C’était les mêmes pierres, les mêmes vitres, les mêmes pièces.

                C’était pour cela qu’il savait où est-ce qu’il devait aller.

                Il espérait qu’il trouverait la solution pour se défaire de la chose qui lui pourrissait la vie depuis un peu trop longtemps.

                Une claque retentit, entendue et ressentie uniquement par lui. Il grogna alors qu’il poussa la porte de sa délivrance.

     

                Faustine se pencha au-dessus du divan pour prendre une télécommande. Elle changea alors une émission qui parlait des masques de carnaval viennois pour mettre une émission de jardinage. Mathias applaudit, tout sourire. Il s’installa correctement dans le divan, en tailleur. La femme lui donna un petit coup sur la tête puisqu’il exhibait ainsi sa culotte. Certes ils étaient seuls et elle l’avait créé ainsi, mais tout de même !

                Mathias voulut reprendre une position plus normale lorsqu’on sonna à la porte. L’enseignante fronça les sourcils. Elle ignorait qui ça pouvait bien être alors qu’il était déjà vingt heures. Elle lança un coup d’œil vers sa cuisine où l’attendait la vaisselle puis elle s’obligea à venir ouvrir.

                Qu’elle ne fut pas sa surprise de trouver son collègue dans l’encadrement de sa porte. Jean-Marc afficha un large sourire, glissant ses doigts dans ses cheveux. Il voulait se donner un air charmeur. Mais ça ne tira qu’un air agacé à Faustine. Elle croisa les bras alors que Mathias se levait pour venir la rejoindre.

    - Comment te retrouves-tu ici ? Demanda-t-il.

    - J’ai été trouvé votre adresse là où ce serait facile de le faire. J’ai été voir une voyante… elle m’a arnaquée. Mais elle m’a parlé de choses étranges. Je me suis dit que tu pourrais… m’aider…

                Faustine ne manqua pas de remarquer que les mots semblaient être arrachés à la gorge de l’homme. Elle avait envie de lui refermer la porte au nez. Au lieu de quoi, elle se déplaça pour lui laisser le chemin. Jean-Marc entra alors, le nez retrousser. Il n’aimait pas cette odeur de café qui imprégnait l’air.

                Il se rendit jusqu’au divan où il s’installa sans honte. Mathias fit la moue avant de venir sur l’accoudoir, le regard tourné vers la télévision où on expliquait comment installer des repousses de pelouse.

    - B’jour Mathias. Dit Sullyvanne.

    - Bonjour !

    - Le problème est encore et toujours Sullyvanne ! Dit Jean-Marc en désignant l’air.

                Il ignorait où est-ce qu’elle était exactement. Mais il savait qu’il recevrait un coup aussitôt qu’il dirait ou penserait quelque chose de mal à son égard. Il avait d’ailleurs l’impression d’entendre grogner dans son oreille.

    - Je t’ai déjà dit que je ne pourrais rien faire pour toi ! C’est à toi de t’accorder avec ton personnage. Répliqua Faustine.

    - Elle n’en fait qu’à sa tête !

    - Et alors ? N’est-ce pas une bonne façon d’écrire ? Il ne faut jamais se reposer sur ses lauriers, vous savez ? Une histoire peut toujours être améliorée.

    - C’est peut-être parce que vous n’avez pas le talent… Supposa Jean-Marc.

    - Quoi ?! S’écria Mathias.

                Au même moment, l’homme eut une violente baffe sur l’arrière du crâne. Il grogna en se frottant la zone douloureuse. Faustine eut un léger sourire.

                Jean-Marc se retint de faire la moue. Il remarqua un paquet de feuille posé sur un bureau. Il s’en approcha. C’était raturé, corrigé, annoté. Il se doutait de ce que c’était. Poussé par sa curiosité, il attrapa les premières feuilles et lu.

                Faustine se tendit alors en le voyant faire. Mais elle n’avait pas la force de lui dire de ne pas le faire. Elle était trop timide.

     

    « Prologue

                Lorsque le monde est né, les races furent créées en deux sexes précis : le féminin et le masculin. Quelques fois, la nature est un peu défectueuse et elle crée, par mégarde, les deux en un seul : l’hermaphrodisme.

                Quelques fois, la faute de la nature est plus grande encore. Ce n’est pas que le corps comporte deux sexes. C’est qu’il comporte celui qu’il ne faut pas. Il existe des cas peu grave mais d’autre qui le sont bien plus…

    Chapitre 1

                Une peau d’opaline, des yeux vert pommes pétillants et rieur, une longue chevelure d’un blond platine presque blanche, un corps élancé, des gestes charmeurs. Rien en ce corps ne semblait prouver la triste vérité. Ce n’était pas que cet être avait été doté d’une poitrine si horriblement menue qu’elle semblait inexistante, c’était que la poitrine n’existait pas.

                Ce n’était que lorsqu’on voyait ce corps en sous-vêtements, ou que l’on essayait de voir sous ses délicats jupon, que l’on se rendait compte de ce qu’il était vraiment. Pas le corps d’une femme avec quelque traits masculins qui n’étaient pas si disgracieux. Le corps d’un homme.

                S’il avait pu simplement cacher son sexe avec quelque vêtement un peu ample,  mais seyant, il aurait été ravi. Malheureusement, ses parents l’avaient affublés d’un nom horrible à son sens. Trop masculin. Il aurait été ravi de s’appeler Emmanuel, Dominique, Joël ou Frédérique. Le rêve aurait été de pouvoir s’appeler Camille ! Un nom masculin qui était devenu plus féminin qu’autre chose. (Symbole de la féminité) 

                Malheureusement…

                Il s’appelait Mathias.

    - Mathias ! interpella une voix féminine depuis l’étage inférieur. (Elle provenait de l’étage inférieur) »

                Jean-Marc posa la feuille, lançant un vague regard vers Faustine qui restait silencieuse. Elle avait mis ses mains dans son dos et elle triturait ses ongles d’un air nerveux. Elle estimait que le texte n’était pas encore prêt à être lu. Il y avait encore tant de correction à faire. Quelques fautes d’orthographe immonde, elle le savait.

                En plus, c’était tout de même un professeur de français qui lisait ce texte. Il ne pourrait qu’être critique. Elle savait qu’il le serait.

    - Quantième réécriture ?

    - Troisième réécriture, septième correction. On travail dessus depuis trois ans maintenant. Expliqua Faustine.

                L’homme eut un rire.

                Sullyvanne soupira puis lança :

    - Dis-moi Mathias, comment es-tu devenu semi-corporel ?

     

    Chapitre précédent

    Chapitre suivant


    Tags Tags : , , , , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :