• La loi de Nietzsche P1 : Chapitre 4

    Chapitre 4 : Les étrangers.

     

                Maurus ferma la porte derrière lui. Il activa les différents paramètres pour protéger sa maison et il lâcha le parapluie. Il commençait à être ronger sur certains points. Senka pleurait en serrant ses bras autour de son corps. La peluche d’ornithorynque pendouillait tristement au bout de sa main.

                L’apothicaire lui offrit un faible sourire. Quelque chose qui n’avait, en soi, rien de bien réel. Comment aurait-il pu seulement sourire ? Comment la petite pouvait croire quelque chose en ça !

    - Senka… va dans le divan.

    - Itzal…

    - Tout de suite !

                La petite pleura. Elle se traîna jusqu’au sofa où elle grimpa, gémissante. Elle serra la peluche contre elle, toute tremblante, murmurant le nom de son frère.

                Maurus la fixa avant d’aller jusqu’au téléphone qu’il décrocha. Il composa le numéro d’Aurea, tendu. Lui qui aurait voulu obtenir ses faveurs, il était plutôt mal parti. Ce n’était pas en perdant l’un de ses enfants qu’il la rendrait heureuse. Au contraire.

                Ou Aurea avait un sacré problème.

    - Allô ?

    - Aurea… je suis avec Senka, chez moi.

    - Tu as bien fait ! Avec la pluie, je préfère la savoir en sécurité. Mais… pourquoi dis-tu « Senka ». Et Itzal ?

    - Itzal… il a été attrapé par des hommes en étranges habits… Ils l’ont amené dans cet étrange niova géant…

    - Quoi ?! Quel orichidolaste tu es !!! Mon fils ! Il était sous ta responsabilité ! Hurla-t-elle.

                Maurus rentra la tête dans les épaules. Il ne voulait pas l’attrister et pourtant… c’était ce qu’il était en train de faire. Il l’entendait hurler, crier des insultes à foison et s’époumoner comme jamais.

                Il ne disait rien, restant prostré, la main serrée sur le combiné du téléphone. Il aurait bien put essayer de dire quelque chose, mais il n’y arrivait pas. Muet de terreur et de honte mais aussi parce qu’elle le surpassait en décibel.

    - Garde Senka ! Hurla Aurea avant de raccrocher violement.

                Maurus l’imita, en douceur. Il se tourna vers la fillette qui pleurait de plus belle. L’homme vint jusqu’à elle pour la prendre dans ses bras.

    - Itzaaaaaaaaaal.

     

                Amator regardait sa femme hurler, les yeux ronds. Aurea raccrocha violemment avant de se diriger vers la porte. Là, le mari bondit sur ses pieds et il s’empressa de la rejoindre. Il l’attrapa par la taille et la serra contre lui.

    - Il pleut ! Tu n’espères pas sortir quand même ! C’est un temps de fourmilier dehors !

                Non pas que les fourmiliers sortaient sous la pluie, plutôt que juste après celle-ci, ils s’empressaient d’aller manger tout ce qu’ils pouvaient trouver.

    - Itzal… Itzal a été… a été kidnappé… Pleura-t-elle.

                Amator se tendit mais il resserra sa femme contre lui, tendu.

    - On ne peut pas sortir. Ce sont des vraies piscines là-dehors.

    - Itzal… Sanglota-t-elle.

    - On le retrouvera…

     

                Itzal hoquetait, recroquevillé sur le sol. Il sentit l’air lui être dérobé avant qu’elle ne soit remplacé par autre chose. Sa respiration se coupa. Il tomba sur le carrelage, les jambes agitées de tressautement.

                Un bruit de cavalcade se fit entendre. Il vit apparaître deux bottes dans son champ de vision.

    - Вы сумасшедшие?! Он не дышал здесь!! Cria l’homme.

    - Мы должны были вводить! Protesta une femme en retirant son casque.

                Elle exhiba de long cheveux blonds et des iris d’un bleu divin.

    - Которые пропадают впустую потерян...

                L’homme, portant une canne, toussa fortement. Itzal inspira profondément. Il toussa à son tour avant de se redresser lentement. L’individu se précipita vers l’enfant pour le soulever et il le regarda sous toutes ses coutures, un large sourire aux lèvres.

                Il cria encore quelque chose d’incompréhensible pour le garçon. Hagard, il fermait et ouvrait les yeux. Un petit garçon de neuf ans arriva. Il s’arrêta devant l’homme qui lui désigna Itzal avant de lui faire signe de partir.

                Le garçon prit la main de l’autochtone et l’emmena à sa suite. Ils arrivèrent dans une petite pièce assez austère, toute en taule métallique. Il y avait là un petit lit, des couvertures chaudes et quelques jeux.

                L’enfant se remit à parler sa langue étrange. Le souffle court, Itzal ouvrait et fermait la bouche.

    - Je… ne comprends pas…

                Le garçon se tourna vers lui, pencha la tête et battit des paupières. Il se désigna, souriant.

    - Иван Иванович Иванов

                Itzal secoua la tête. Le garçon appuya son doigt contre son torse.

    - Иван Иванович Иванов. Répéta-t-il.

                Il désigna ensuite son interlocuteur, si on pouvait l’appeler de la sorte.

    - Иван Иванович Иванов.

                Il se montra, puis le désigna.

    - Ivan Ivanovitch Ivanov.

    - I… Itzal…

                Le garçon, Ivan, sourit et l’emmena vers son lit pour l’inviter à s’asseoir.

     

    - Vous avez-vu ? Cria l’homme à la canne, Vladimir.

    - Oui ! Il a survécu ! Il respire notre air ! S’extasia Lena.

                Comme il faisait très chaud, elle portait uniquement un soutien-gorge noir à dentelles et un jeans, un t-shirt à manche-longue était toutefois autour de sa taille. Malgré son manque de libido notoire, elle attirait quand même les regards de ses comparses masculins qui auraient bien voulu passer un doux moment avec elle.

    - C’est incroyable. Quel est cette civilisation ? Je pensais qu’on ne trouverait rien de bien intéressant dans ces immondes petits galetas !

    - Gal… Murmura un homme, des favoris noirs sur ses joues pâles.

    - Des maisons sordides, mon chéri. Sourit la femme, accrochée à son bras.

    - Ah ! Mais ça ne veut rien dire ! Est-on sûr qu’on peut obtenir quelque chose d’eux ? Les animaux respirent bien le même air que nous. Dit-il.

    - Ivan Dimitrivitch… c’est inutile de nous dire ce que nous savons déjà ! Répliqua Vladimir. Nous verrons bien ce qu’il en est ! Votre fils va bien voir s’il est capable d’apprendre.

                La femme poussa un cri.

    - Vous n’allez pas laisser notre fils avec cet extra-terrestre !

    - C’est pour la science ! Cria Vladimir.

                La femme se leva et courut vers la chambre de son enfant.

    - Antonina ! Cria Ivan avant de la suivre.

                Vladimir soupira en tapant sa canne sur le sol. Il porta sa main à ses bronches.

     

                Itzal regarda la couverture qu’Ivan-fils lui avait mise dans les mains. Il passait ses doigts dessus, interloqués. C’était plus rêche que ce qu’il avait l’habitude.

    - Покрытие.

                Itzal observa le garçon de ses grands yeux jaunes. Il était intrigué par cet être. Par sa peau pâle, ses grands yeux bleus ciel et ses cheveux noirs.

                Il tendit les mains et il se saisit des grosses lunettes aux montures dorées.

    - Очки. Я не вижу ничто без них.

                Itzal les mis devant ses yeux et les installa sur ses oreilles. Sa vue se troubla avant qu’elle ne s’adapte, lui permettant de voir comme avant. Ivan poussa un petit cri. Il tendit la main et toucha les oreilles grises et pointues de l’autochtone. Celui-ci bleuit, le laissant faire.

    - Tes oreilles… sont toutes petites…

    - Я не понимаю вас.

                Itzal se tourna vers lui. La porte s’ouvrit à la volée sur Antonina.

    - Ivan ! Ivan ! Мой бог!

                Ivan sourit et se leva pour venir vers sa mère qui le prit tendrement dans ses bras. Itzal se tendit en voyant cela. Ça lui rappelait sa mère.

    - Vais-je… revoir maman ?


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