• La Zorille

     

    La Zorille.

     

    1803, Laboratoire du Caire.

    Johann Adam était las de cette chaleur étouffante qui l’enserrait depuis son arrivée ici voilà déjà une semaine et trois jours. Sa tenue lui collait continuellement à la peau. De plus, il n’avait pas assez accès au puits pour pouvoir se rafraichir.
    Il se languissait du bateau qui devrait le ramener à Marseille dans une semaine et quatre jours. Après un temps trop long, il pourrait prendre une calèche qui le ramènerait à Paris où l’attendait sa belle et douce Adelaïde.
    On lui avait dit que c’était un honneur de venir ici. Il prenait cela comme un fardeau.
    Johann entra dans la pièce où étaient maintenues captives les diverses bêtes avec lesquels il devait travailler. Ce n’était pas des chameaux, pas des serpents au redoutable venin, pas non plus des fennecs. C’était même à se demander pour qu’elle raison c’était ici qu’on l’avait envoyé. L’Égypte ne semblait pas être l’endroit recommandé pour maintenir captif quelques putois et moufettes.
    Les conditions n’étaient pas optimales. Il y avait au moins une dizaine de mustélidés qui étaient entassés dans la même cage étriquée.
    Johann se saisit d’une seringue et il fit une prise de sang à l’un des putois. La bête se laissa faire, presqu’inerte. Elle se contenta seulement de lécher sa plaie lorsqu’on l’eut relâché.
    La porte s’ouvrit à cet instant sur l’assistant qu’on lui avait prêté le temps de son séjour. Jeune égyptien de vingt ans, toujours souriant, toujours ravi de pouvoir aider. C’était lui qui s’occupait de l’entretien des cages. Les petites bêtes poussaient des petits cris ravis à son adresse.
    - Le bonjour, Monsieur, salua l’assistant en sa langue natale.
    Johann avait encore un peu de mal à la parler mais il la comprenait. Heureusement, lorsqu’il fallait parler un peu plus, le jeune homme lui parlait en français. Bien qu’il ait un accent horrible.
    - Bonjour, répondit Johann en arabe. Vous avez passez une bonne nuit ? ajouta-t-il en français.
    - Excellente, Monsieur ! Merci de vous en souciez et pour votre part ? s'enquit Abdel.
    - Chaude, se plaignit-il.
    - On s’habitue à cette chaleur.
    Abdel prit une moufette dans ses bras. Si elle avait la capacité d’empuantir tout son entourage en quelques secondes, elle restait docile. L’assistant ne lui voulait aucun mal, il le savait. Surtout que cette petite créature, comme beaucoup de ses congénères, étaient nées en captivité.
    L’extérieur lui était inconnu. Elle ne connaissait ni la fraicheur d’un souffle d’air, ni la beauté des dunes de sables fins. Elle ne connaissait pas plus la peur d’un prédateur vous pourchassant ou la joie d’une proie entre ses pattes.
    - Il y a encore quelques tests à faire, informa Johann.
    Il posa son échantillon de sang dans la centrifugeuse puis se tourna vers l’assistant. Il s’empressa de venir le rejoindre, tenant la moufette. Johann s’en saisit pour lui faire tous ses essais.
    Il espérait non seulement retourner auprès de sa belle Adelaïde mais il souhaitait également une certaine renommée. Il était de ceux qui devaient prouver la raison pour laquelle ces créatures étaient pestilentielles, ce qui les poussait à rependre cette odeur nauséabonde.
    Peut-être que son nom serait écrit en italique en bas d’un bel article. Il espérait que son identité perdurait dans les mémoires.

     

    Abdel triait avec soins les échantillons que son supérieur avait préparés. Il devait mettre le sang de putois dans une certaine boîte, elle-même dans un tiroir avec d’autres éléments ce rapportant à eux. Les cellules fécondes ou encore les échantillons divers et variés.
    Malheureusement, lorsqu’il lui en resta deux en mains, il remarqua qu’il n’y avait pas d’étiquette. Il hésita longuement avant de mettre l’échantillon de gauche avec les putois et celui de droite avec les moufettes. Il referma les placards puis s’occupa des petits mustélidés qui n’attendaient que l’attention de cet homme si bon.

     

    Il ne restait plus qu’un jour avant que Johann puisse retrouver sa belle France. Il ne faisait qu’attendre cet instant. Dans moins de vingt-quatre heures, il serait sur le quai d’embarquement qui le ferait monter dans le bateau le plus merveilleux au Monde. Non pas parce qu’il était prestigieux ou parce qu’il avait été fait par de vraies orfèvres. Juste parce qu’il était son ticket de retour.
    Toutefois, il restait une chose très importante qu’il devait faire. De par ses études de zoologiste, il était le seul à pouvoir le faire ici au Caire. C’était la raison pour laquelle il préparait une seringue non perçante. Abdel était penché au-dessus des cages. Il se saisit d’une belle putois brun clair avec des zones plus noires. Elle était magnifique, ses grands yeux noirs pétillants.
    - Marguerite sera notre petite maman, sourit Abdel.
    Elle était celle qui avait le pelage le plus soyeux, la meilleure santé. L’assistant installa Marguerite sur la table et il la maintint le temps que l’homme fasse ce qu’il fallait avec la petite créature.
    Johann en profita pour montrer à son assistant comment faire. Ainsi, avec une extérieure, même non-instruite, il pourrait continuer de perpétrer l’espèce de ces créatures enfermées. Ce n’était vraiment pas le luxe pour ses animaux mais Abdel supposait qu’il ne faisait rien de mal puisqu’ils avaient toujours vécus de la sorte.
    Ainsi lorsqu’il eut fini avec Marguerite, Abdel l’installa confortablement dans sa cage. La créature était encore un peu molle mais c’était uniquement dû à l’anesthésiant. Les autres putois vinrent la rejoindre pour lui lécher affectueusement les poils et la rassurer. Ainsi, à son réveil, elle serait bordée de tendresse et d’amour.
    Abdel s’installa à une chaise devant les cages pour pouvoir continuer de les veiller. Il devait passer pour un fou mais il aimait ces petites créatures. Elles étaient mignonnes et douces malgré la réputation qu’on leur avait donnée.

     

    Johann respira l’air frais et froid de la France avec une ivresse insoutenable. Il n’avait jamais été si heureux d’être dans un endroit où il faisait si doux. Ses vêtements ne lui collaient plus à la peau, son corps n’était plus fouetté par l’air marin. Il ne devait plus supporter le roulis ou le tangage du bateau. La terre ferme, la France : le rêve.
    Il remercia le marin qui les avait accompagnés jusqu’ici. Il lui donna l’argent qu’il lui devait puis il partit vers la calèche. Il lui restait encore de la route à faire avant d’avoir la chance de pouvoir retrouver Adelaïde.

     

    Abdel était en train de s’occuper des mustélidés dans leur cage lorsqu’il entendit Marguerite pousser des petits cris. Il sauta sur ses pieds et s’empressa de venir la rejoindre pour s’assurer qu’elle allait bien. Il avait changé les autres mustélidés de cage depuis un peu plus de deux semaines. Il attendait cet instant avec impatience.
    Il assista la petite bête jusqu’à ce qu’elle mette au monde six petits animaux glabres qui poussaient avec peine des cris, cherchant la mamelle de leur mère. L’assistant ne pouvait que sourire en voyant ce spectacle doux.

     

    Deux mois plus tard, Abdel se penchait au-dessus de la cage de Marguerite et ses bébés. Mais qu’elle ne fut pas sa surprise de voir des petits putois qui avaient les couleurs caractéristiques des moufettes. Il ouvrit la cage et tendit la main pour caresser une de ses petits bêtes. Son poil était doux. Il fixa Marguerite avec de grands yeux surpris.
    La femelle poussa un gémissement à fendre l’âme en regardant ces créatures qui étaient loin de ressembler à leur congénère.
    Abdel ne résistait pas à ses yeux noirs si brillant. Il afficha un sourire rassurant puis prit les mustélidés l’un après l’autre. Il les installa dans des boîtes trouées puis sortit avec eux. Il attendit d’être dans un endroit dégagé pour les libérer.
    Son cœur tambourina dans sa poitrine en voyant Marguerite pousser ses bébés.

     

    Sept ans plus tard, un certain George Perry annonçait la découverte d’une nouvelle espèce : la Zorille.

    Bonjour ! Je suis une petite Zorille ! Mustélidé du désert, je ressemble un peu à un furet et un peu à une moufette(qui n'est pas un mustélidé et à ne pas confondre avec un putois, s'il vous plaît!) L'image ici présente à été trouvée sur ce site => http://delphina-perso.over-blog.fr/article-la-zorille-du-cap-ou-ratel-106494850.html



     

    Les informations données dans cette histoire quant à la création de la Zorille sont bien évidemment fictives. Par contre, l'animal existe bel et bien. Il s'agit d'un adorable petit mustélidé du désert. Pour plus d'informations je vous invite à jeter un œil >ici< ou ><

    L'animal est malheureusement méconnu comme beaucoup des mustélidés (sauf s'ils sont des loutres... Mais c'est mignon les loutres.)


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